MUSICA / III V § I C A

M U S I C A / III V § I C A

Essai sur le IIIe degré (§),
notamment dans la musique de Bach,
suivi de quelques conseils déduits
principalement de son Œuvre,
applicables dans la musique
néo-fonctionnelle
post - 4’33“
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La Musique occidentale, dans la spirale effrénée de l’évolution de son langage, ignorait qu’elle allait s’abîmer avec John Cage, le 29 août 1952, dans le « trou noir » de ses 4'33" de silence !Les prémices de cet « événement » - moins canular qu’il n’y paraît - étaient déjà perceptibles quand dans une quête de nouvelles solutions, la deuxième École de Vienne se proposa d’abandonner la tonalité fonctionnelle. Il n’y a pas lieu de commenter ici ce radical changement de paradigme, mais il demeure que quatre décennies plus tard, son inexorable course à la modernité devait conduire la Musique à se dissoudre dans la singularité (au sens astrophysique du terme) de ces presque « cinq dernières minutes » ! On peut penser qu’écrire la moindre note après cet équivalent musical du Carré blanc sur fond blanc de Malévitch (trente-quatre ans plus tôt !), soit devenu inutile et dérisoire, mais pour ceux qui ne seraient néanmoins pas décidés à s’abstenir, il convient de considérer ce point zéro comme une libération définitive, et conscient qu’on ne sera jamais une seconde fois aussi « moderne », d’abdiquer enfin toute préoccupation de renouvellement du langage pour ne plus s'attacher qu'au style et à son contenu. Nul relais donc à prendre des mains de qui que ce soit en particulier, il ne s’agit plus dorénavant que de nourrir son oreille avec ce qui la touche réellement, personnellement, sans aucune discrimination d’époque ni de lieu, et de forger ainsi patiemment son propre style; celui-ci étant la somme d’une infinité de détails auxquels s’attache spécifiquement chaque compositeur. On a coutume de dire que le silence qui suit du Mozart est encore du Mozart ! Renversons la proposition en gageant que la Musique qui suivra le silence de John Cage, puisse être encore en Ut majeur…! Cet essai, dont les amateurs de musique tonale fonctionnelle me pardonneront le titre un peu grandiloquent (il aurait presque pu s’intituler « Fa ! »), se propose donc de mettre en exergue quelques unes des singularités (au sens musical du terme) qu’offre toujours ce miracle qu’est la langue tonale fonctionnelle (dont l’élaboration n’aura pris somme toute que quelques milliards d’années…), et dont le IIIe § degré n’est sans doute pas le moindre des joyaux. Jean-Sébastien Bach, qui n’a pu manquer d’assister à la naissance du style galant, ne s’est jamais départi de sa ligne, jusqu’à tourner le dos ostensiblement à la « nouvelle musique » avec l’Art de la Fugue. C’est à Lui, dont nous célébrons les trois cents ans du premier Livre du Clavier Bien Tempéré, que cet essai doit l’essentiel de sa substance. (110 pages, Prix: 11 €)

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